Riposte graduée annulée : les OQTF algériennes pourront rester en France

La Rédaction
Démocratie Participative
24 mars 2025

Les détails de la riposte graduée de Retailleau contre l’Algérie sont enfin connus.

Cela consiste à se faire graduellement uriner dessus par les Algériens.

Le Figaro :

« Tous les messages pour se dire qu’on est prêts à dialoguer les uns avec les autres sont passés. Maintenant, on va essayer de concrétiser tout ça. » Dimanche matin à Paris, dans les coulisses de la diplomatie, on ne cachait pas une certaine satisfaction. Le ton était prudent – « Tout est encore très fragile » -, mais un peu plus léger qu’il y a dix jours.

Dans un entretien avec des journalistes de médias publics, retransmis samedi soir à la télévision algérienne, le président Abdelmadjid Tebboune a qualifié la situation politique en France de « brouhaha », de « capharnaüm », et a tenu à l’isoler de sa relation avec Emmanuel Macron, « son unique point de repère ».

« Il y a eu, c’est vrai, un moment d’incompréhension, mais il reste le président de la République française. Et personnellement, tous les problèmes doivent se régler avec lui, ou avec la personne qu’il délègue à juste titre, dont ce sont les prérogatives, à savoir le ministre des Affaires étrangères », a-t-il déclaré. Le chef de l’État algérien a également précisé que le dossier était « entre de bonnes mains », celles « de quelqu’un de très compétent, qui a toute ma confiance », Ahmed Attaf, le chef de la diplomatie algérienne.

Ahmed Attaf

À Paris, on comprend que l’attelage pour « remettre la relation bilatérale sur les rails est ainsi tout désigné : les deux présidents et leur ministre des Affaires étrangères ». Depuis le début de l’année, Jean-Noël Barrot a proposé à deux reprises aux autorités algériennes de venir à Alger pour « traiter de tous les sujets ». La première tentative n’avait pas abouti mais la seconde aurait été favorablement accueillie.

Entre-temps, il y a eu une rencontre entre le chef de la diplomatie française et son homologue en marge du G20 à Rome, et Jean-Noël Barrot s’est rendu à l’iftar de la Grande Mosquée de Paris, à l’invitation de son recteur, Chems-Eddine Hafiz, aujourd’hui sorte d’ambassadeur informel depuis le retrait de l’ambassadeur d’Algérie à Paris en juillet. Une présence qui aurait été « particulièrement appréciée » à Alger. Le recteur s’est plu à dire dans la presse algérienne qu’Emmanuel Macron « espère rapidement parler avec le président Tebboune pour régler la crise ».

Un rituel d’humiliation mené avec efficacité.

Côté algérien, il y a surtout eu le signal envoyé par la subite accélération du dossier Sansal. L’écrivain franco-algérien, détenu en Algérie depuis le 16 novembre 2024, a comparu devant un tribunal correctionnel jeudi 20 mars. À Alger, tous ceux qui connaissent le fonctionnement du système algérien présagent d’une issue heureuse : une condamnation – pour qu’Alger ne perde pas la face – suivie d’une grâce – pour que l’affaire ne soit plus un dossier qui freine la reprise du dialogue entre Alger et Paris.

Emmanuel Macron a d’ailleurs déclaré jeudi qu’il avait confiance en la « clairvoyance » d’Abdelmadjid Tebboune « pour savoir que tout ça n’est pas sérieux et qu’on a affaire à un grand écrivain, qui plus est malade ».

À Paris, on s’accroche à l’idée « que les lignes bougent en faveur de ceux qui prônent l’apaisement », sans pour autant se voiler la face. Les « irritants », comme on appelle les dossiers de contentieux, sont là. « Une fois qu’on se reparlera, il faudra entrer dans le dur : la question migratoire, le dossier de la mémoire, les contentieux économiques. » Il va notamment être difficile de remettre sur la table la liste des ressortissants algériens en situation illégale en France que Paris voudrait expulser vers l’Algérie.

Le refus définitif de la justice française d’extrader un ex-ministre, Abdeslam Bouchouareb, installé en France depuis 2019, a par ailleurs provoqué l’agacement des Affaires étrangères, qui ont dénoncé « des tergiversations et des atermoiements injustifiés et inexplicables de la partie française ».

Dans les arcanes du pouvoir algérien, on dédramatise en ironisant : « La colère est passée, tout le monde a compris ses intérêts. La situation n’est peut-être pas aussi pourrie qu’on le dit sur les chaînes de télé françaises ! »

La suspension des accords de 2007, annoncée par Bruno Retailleau le 17 mars comme une étape de « réponse graduée » contre Alger, n’est d’ailleurs toujours pas entrée en vigueur. L’exemption des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service repose sur un accord intergouvernemental, qui ne peut être suspendu de manière unilatérale. Le ministère des Affaires étrangères doit notifier à l’Algérie sa décision. Alger n’a encore rien reçu. Notre interlocuteur sourit. « Vous avez entendu ce qu’a dit le président ? On a eu des moments de sirocco, on a eu des moments de froid. C’est ça, les relations. »

Peut-être qu’en votant plus fort la prochaine fois, ça marchera ?

Je penche plutôt pour le projet Guyane, un projet d’avenir et aussi le seul possible pour régler ce problème crucial de la submersion migratoire.

Contre la censure

Utilisez Brave et Tor en suivant notre guide ici.

Ou utilisez un VPN.